Un ciel, des hommes et des prières

Cette série a été réalisé en 2007, lors d’un périple de deux mois entre Sichuan et Tibet historique. Seul,pendant les premières semaines, j’ai pu au gré des rencontres partager des petites tranches de vie, dans les monastères accueillants ou sous les yourtes d’été des khampas,parfois à une grande altitude (5200m). C’est ainsi que pendant quelques jours,j’ai partagé le travail d’été qui consiste à collecter et à faire sécher des bouses de yaks qui servent de combustible pour le feu. Le travail autour du lait et la fabrication du beurre de yak était l’autre activité. J’ai aussi suivi sur les hauteurs de Tagong à 4700m, la construction d’un déambulatoire à caractère religieux. Les femmes batissaient et les hommes charriaient les matières premières jusqu’au site. Une journée ils utilisaient les yaks et la suivante les chevaux (ils avaient beaucoup plus de mal à gérer les chevaux). J’ai aussi assisté à un des rites funéraires les plus pratiqué:le sky burrial.Pour la petite histoire, il existe quatre modes différents d’accompagnement des morts: Le plus noble,la crémation est à l’abandon,faute de bois et d’argent. Les nourrissons et les vieillards partent par le fleuve. Les délinquants sont enterrés comme chez nous, afin d’éviter que leur âme s’envole, et enfin le sky burrial auquel j’ai assisté. Ce rite est très choquant pour un européen. “L’outil” indispensable est le vautour.Le corps est amené dans un champ loin des villes (les chinois considère ce rituel comme barbare),l’officiant vêtu de blanc, sectionne dans un premier temps tous les membres,puis les vautours ,qui attendent sagement sont lâchés une première fois. Commence alors la seconde partie très longue,la mise en miettes des os ,avec une sorte de hache marteau. Cette poussière est ensuite mélangée avec de la tsampa, une farine d’orge. Les vautours agissent à nouveau, et il ne reste plus rien. Sur la colline d’en face, ils brûlent les vêtements du défunt.